« Nul n'est prophète en son pays ! » Mc.VI,1-6

 

L'histoire de jésus revenant dans son village est passée à l'état de proverbe.. Il est possible d'ailleurs qu'un dicton analogue ait déjà existé de son temps, fondé sur l'expérience de Jérémie ou d'un autre incompris de l'ancien testament. Jésus s'y réfère peut-être quand il dit : » Un prophète n'est déconsidéré que dans sa patrie, parmi ses parents et dans sa maison. »(verset 4)

Depuis qu'il s'est mis à prêcher, Jésus a déjà eu l'occasion d'expérimenter l'incompréhension de sa famille. Une délégation de ses proches avait fait le voyage de Capharnaüm pour tenter de récupérer l'inconscient qui prenait trop de risques. Maintenant c'est Lui qui rentre au bercail. Sa « patrie » désigne sans doute Nazareth, bien que Marc n'en donne pas ici le nom, Nazareth qu'il a quittée pour rencontrer Jean le Baptiste et dans laquelle il semble n'être pas revenu depuis. La bourgade est à une trentaine de kilomètres de Capharnaüm où Jésus s'est installé depuis le début de sa prédication.

Les premiers jours, l'accueil des villageois dût être plutôt bon. La preuve : lors de la prière synagogale du sabbat, c'est Lui qu'on invite à faire le commentaire après la lecture de la Loi et des Prophètes. Pourtant, on attendait apparemment un discours plus banal : sa sagesse s'impose mais dérange; on fait le lien avec ses miracles dont a entendu parler, et on se rebiffe. On le connaît trop bien; c'est un enfant du pays; il n'est pas passé par les écoles. Il n'a aucun titre à tenir les propos qu'Il tient.

 

 

 

Les habitants de Nazareth refusent de se laisser interroger par le comportement de Jésus. Ils se posent à son sujet un question fermée puisqu'ils en ont déjà la réponse : « D'où cela lui vient-il ? » Ils savent tout de son passé et de ses origines, y compris peut-être que Joseph n'est pas le vrai père de Jésus car, curieusement, ils l'appellent « le fils de Marie », alors qu'un juif est en général situé familialement par rapport à son père. Ils n'ont alors rien à apprendre sur lui, rien à découvrir. On est loin de la question que se posaient les disciples :

« Qui donc est-il celui-là ? » (Marc IV, 41)

Les compatriotes de Jésus n'ont pas les dispositions qui permettent d'accéder à la foi. Marc parle nettement de leur incrédulité, plus littéralement même, de leur absence de foi. La foi, dans l' Evangile, ne consiste pas à croire que Dieu existe mais à avoir vis à vis de Jésus une attitude confiance ouverte, même si elle demeure chancelante ou peu assurée. L'incrédulité des gens de Nazareth est une sorte de blocage irréversible dont Jésus lui-même s'étonne. Aussi, bien qu'il opère sur place quelques guérisons que le texte ne classe d'ailleurs pas parmi les miracles, Jésus se révèle-t-il incapable d'accomplir pour eux des miracles proprement dits.Une telle incapacité étonne le lecteur chrétien, habitué à ce que Jésus puisse tout faire. Mais l'évangéliste fait comprendre que la foi du demandeur est la condition principale d'un miracle : l'histoire de Jaïre et de la femme malade d'hémorragies en a été l'illustration. Sans cette foi, Jésus est comme privé de pouvoir miraculeux : une relation ne peut s'établir entre deux pôles dont l'un la refuse. Jésus n'a alors plus rien à faire à Nazareth. C'est aux villages d'alentour qu'il décide de se consacrer.

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La chapelle de l'Agneu de Dieu, sera fermée du 6 au 20 juillet.




Le Père de la Morandais ne sera pas joignable par internet du 15 juillet au 2 septembre.

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Mardi 30 juin 2009 à 23h40 sur direct 8


1- "Face à l'actu"
Débat sur la burqa.


2-  "La rétro": de l'année


Extraits choisis des émissions de l'année par Haïm Korsia,  Malek Chebel et Alain de La Morandais


3- "Carte blanche"
Surprises à découvrir!!!

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La chapelle est fermée du 6 au 20 juillet inclus.
A partir du 21 juillet le Pere Abi Acar, de retour, assurera les horaires habituels de semaine et du dimanche :
Du lundi au samedi messe à 12h15
Le dimanche à 11h30 et 19h30
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Deux femmes rendues à la vie

Marc V, 21-43

 

Deux histoires différentes sont racontées, imbriquées l'une dans l'autre. On commence et finit par celle de Jaïre qui enveloppe une sorte de noyau central, l'épisode de la femme malade d'hémorragies. Les deux miracles ne sont d'ailleurs pas sans rapports. Chaque fois, c'est une femme qui en est bénéficiaire. La fillette a douze ans, l'âge minimum pour se marier selon le droit israélite, tandis que l'autre est malade depuis le même temps. Toutes deux sont impures, la plus âgée souillée par ses écoulements de sang pathologiques, la plus jeune qui est déjà un cadavre au moment où Jésus l'approche. Et, dans les deux cas, la foi du demandeur jour un rôle capital.

« Ta foi t'a sauvée », dit Jésus à la femme qui touchant son vêtement par derrière, a presque volé sa guérison. De même, il dit à Jaïre, le père de la jeune défunte : « N'aie pas peur, crois seulement ! » Jésus fait des prodiges dont, d'une certaine manière, le contrôle lui échappe. En revanche, la disposition intérieure des demandeurs est primordiale : c'est pare la confiance en Lui qu'ils peuvent s'approprier la force dont il rayonne. La guérison centrale montre Jésus faisant un miracle presque malgré lui; l'essentiel de sa mission n'est pas dans la santé rendue aux corps, mais dans la vie à laquelle peut s'ouvrir la personne tout entière. « Ta foi t'a sauvée ! »; sauvée et non simplement guérie. La guérison a été en quelque sorte subtilisée à jésus mais Il recherche de façon active celle qui a manifesté une si grande foi, pour lui dire que son bonheur est plus grand que la santé recouvrée.

 

 

 

Quant à la fillette, c'est aussi son salut global que son père recherche pour elle : « Il faut que tu viennes et que tu lui imposes les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. » Au début, tant qu'elle n'est que malade, Jésus accepte qu'une foule nombreuse l'accompagne. Dès qu'il apprend sa mort, le ton change : la foule n'est pas en état de comprendre la portée de ce qui va se passer : Jésus la laisse en plan. Seuls vont être associés au face à face avec la mort le père et la mère de l'enfant, ainsi que Pierre, Jacques et Jean les trois qu'on retrouvera aux moments cruciaux de la transfiguration et de l'agonie.

La fin de l'histoire se passe dans l'intimité d'une chambre. Sept personnes sont là : la fillette et ses parents, Jésus et ses trois disciples. Tout est décrit avec beaucoup de sobriété. L'évangéliste retranscrit en araméen les deux mots que Jésus adresse à l'enfant, avant de donner la traduction en grec pour ses lecteurs. Le verbe qu'il emploie, « réveille toi », n'exprime qu'un retour fugitif à la vie : la fillette de douze ans est rendue à sa vie mortelle et il est bien évident que plus tard elle mourra à nouveau. Mais ce verbe « réveiller » est aussi l'un des termes de l' Eglise pour parler de la résurrection définitive. On dira de Jésus :

« Il a été réveillé le troisième jour » (I Cor.XV,4)

Aussi l'évènement qui se produit chez Jaïre est-il une sorte d'anticipation prophétique de Jésus dont vivent déjà les chrétiens qui lisent l'évangile de Marc. Jésus y est montré comme maître de vie et de mort, de salut destiné à tout l'homme et à tous les hommes. Et s'il communique la vie, c'est vraiment pour que l' humanité la prenne en charge. Alors que les disciples et les parents, tout à leur admiration, ne pensent qu'à divulguer le prodige à tort et à travers, Jésus les ramène à la réalité concrète : qu'ils n'oublient pas de nourrir la fillette ! La vie qu'il leur a été rendue, belle et fragile, est à présent entre leurs mains; à eux de l'entretenir et de la faire fructifier.

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