Peu de cultures autant que la vigne dépendant à la fois du travail attentif et ingénieux de l’homme, et du rythme des saisons.
La Palestine, terre de vignobles, enseigne à Israël à goûter les fruits de la terre, à mettre tout son cœur à une tâche prometteuse, mais aussi à tout attendre de la générosité divine .D’autre part, la vigne, si précieuse, a quelque chose de mystérieux : elle ne vaut que par son fruit ; son bois est sans valeur et ses sarments stériles ne sont bons qu’à faire du feu … Mais son fruit « réjouit le cœur de l’homme ». La vigne donc, cache un mystère plus profond : si elle peut apporter la oie au cœur de l’homme, il est une VIGNE dont le fruit est la Joie de Dieu.
La vigne, joie de l’homme. Noé, le juste, plante sa vigne sur une terre que Dieu a promis de ne plus maudire : la présence de vignobles sur nos terres est le signe que la bénédiction de Dieu n’a pas été totalement détruite par le péché de l’homme. Dieu promet et donne à son peuple une terre riche en vignes. Mais ceux qui oppriment le pauvre ou sont infidèles à Dieu, ne boiront pas le vin de leurs vignes : elles feront place aux ronces ! Le signe de la justice en Israël, c’est le roi bon sous le règne duquel chacun vit en paix, sous sa vigne et son figuier. La vigne sera féconde : image de l’épouse du juste ! La vigne qui bourgeonne symbolise l’espoir des époux qui, dans le Cantique des cantiques, chantent le mystère de l’amour : « Introduisez-moi dans la maison du vin ! »
Dieu est époux et vigneron. Le Dieu d’Israël a sa vigne et c’est son peuple. Pour le prophète Osée, Israël est un plant fécond qui rend grâces de sa fécondité. Pour Isaïe, Dieu aime sa vigne : Il a tout fait pour elle : « Que je chante à mon ami le chant de son amour pour sa vigne. Eh bien, la vigne de Yahwe Dieu c’est la maison d’Israël et les gens de Juda en sont le plant choisi. » … mais au lieu du fruit de justice attendu, elle lui a donné l’aigre vendange du sang versé : « Il en attendait l’innocence et c’est du sang ; il en attendait le droit, et c’est le cri d’effroi ! »
Pour Jérémie, Israël est un plant choisi, devenu dégénéré et stérile : il sera arraché ! Les vignerons fidèles ne seront pas ceux qui aveint d’abord été choisis … Pour récolter sa vendange, Dieu accueillera tous les ouvriers : travaillant depuis le bon matin ou embauchés à la dernière heure, tous recevront la même récompense car l’appel au travail et l’offre du salaire sont des dons gratuits : « tout est grâce ».
Ce symbolisme va se transférer sur la personne de celui qui incarne et récapitule le vrai peuple de Dieu : le Messie est comme un vigne, annonçait le prophète Baruch, et Jésus reprendra donc ce titre messianique – comme dans ce chapitre de Jean - , en proclamant qu’Il est le vrai Cep et que les hommes ne peuvent pas prétendre être la vigne de Dieu, s’ils ne demeurent pas en Lui. Il est la vigne et nous les sarments, comme Il est le Corps, et nous les membres. La vigne véritable c’est Lui, mais aussi son Eglise, dont les membres sont en communion avec Lui. Sans cette communion, nous ne pouvons rien faire : seul Jésus, vrai Cep, peut porter du fruit, un fruit qui glorifie le vigneron, son Père. Sans la communion avec Lui, nous sommes des sarments détachés du cep, donc privés de sève, non irrigués, stériles, bons pour le feu.
A cette communion tous les hommes sont appelés par l’amour du Père et du Fils ; appel gratuit, car c’est le Fils qui a choisi ceux qui deviennent ses sarments, ses disciples ; ce n’est pas eux qui le choisissent. Par cette communion, l’homme devient sarment greffé du vrai cep. Vivifié par l’amour qui unit le Fils à son Père – l’Esprit ! - , il porte du fruit, ce qui rend gloire au Père. Il communie ainsi à la Joie du Fils qui est de rendre gloire à son Père par le souffle de l’Esprit.
Tel est le mystère de la vraie vigne : du Christ et de l’Eglise, il exprime l’union féconde et la Joie qui demeure, parfaite et éternelle.

