Éthique et politique





Le Père de La Morandais est invité au forum de l'Académie de la Paix du 20 au 23 octobre à Rome (Fiuggi), avec des représentants de l'Albanie, l'Arabie Saoudite, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, les Emirats Arabes unis, l'Esthonie, les Etats-Unis etc... où il retrouvera parmi les délégués français M. Eric Raoult, député, M. Philippe Douste-Blazy, ancien ministre des affaires étrangéres.

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L'humanité ayant surabondamment donné la preuve de sa cruauté et de sa capacité à pervertir le bien, le pouvoir ne peut être ouvert sur le champ de tous les possibles; il doit, au contraire, être encadré par des principes universels qui ont une traduction écrite. Le pouvoir contient en lui-même le pouvoir de se limiter, et il ne peut pas ne pas le faire s'il veut demeurer légitime, c'est-à-dire conforme à une certaine idée de l'Homme dont tout le monde s'accorde à reconnaître qu'elle est au minimum celle des déclarations des Droits de l'homme. Il a fallu du temps pour en prendre conscience, mais cette autolimitation détruit la conviction selon laquelle des processus surnaturels pouvaient seuls rendre compte de la légitimité du pouvoir. Si c'est le Pouvoir qui reconnaît ses limites, c'est bien que l'incarnation du Pouvoir est un acte de l'Homme, et qu'il appartient aux hommes d'en assumer les conditions et les conséquences.
Cela signifie que la religion n'est plus toutepuissante pour légitimer le pouvoir. Car, en usant de sa liberté pour limiter son pouvoir, l'homme reconnaît que cela ne va pas de soi, et que les convictions religieuses, même celles de la quasi-totalité d'un peuple, ne sont pas suffisantes pour faire respecter par les gouvernants ces droits naturels et inaliénables qui servent la dignité de toute personne humaine. User de sa liberté pour s'autolimiter, c'est indirecte-
ment accepter que la religion, si utile soit-elle, n'est pas suffisante pour faire accepter des limites aux dirigeants. Parmi ces limites impérieuses, figure comme un droit inaliénable et sacré de la personne la liberté religieuse. En revendiquant comme un droit écrit, limitant la puissance des Etats, la liberté de croire, on se place dans une perspective où la logique conduit à accepter que l'autre, même s'il ne pratique pas la même religion, bénéficie du même droit de croire en son Dieu. La liberté religieuse, comprise comme la garantie pour tous de ne pas être empêché de croire par la puissance publique, est une conséquence de la prise en compte des Droits de l'homme par les sociétés, et conduit à reconnaître l'onction du suffrage universel comme un bien garantissant cette liberté.
L'Église a toujours revendiqué que les sociétés soient dirigées selon ces principes, même si, parfois, le peuple de Dieu faisant son chemin à travers les brousses et les forêts de l'Histoire ne les a pas toujours traduits en actes, voire les a bafoués. Il existe un abîme entre les principes et leurs conséquences logiques que sont aujourd'hui le suffrage universel et la démocratie. Ne nous y trompons pas: les chrétiens n'ont réussi que depuis peu à formuler explicitement leur adhésion à l'onction du suffrage universel - certains ressentant la métaphore de l'onction comme un vol quasi sacrilège! - et à la démocratie. Le toast d'Alger, le 12 novembre 1890, du cardinal Lavigerie, inaugura, à la demande officieuse du pape Léon XIII, la politique du Ralliement par laquelle Rome invitait les catholiques de France à se rassembler sous la bannière de la République. La possibilité donnée aux catholiques de se rallier à la République et à ses valeurs pouvait alors n'être perçue que comme un pis-aller, une tolérance, une permission du bout des lèvres. On n'en était pas à reconnaître que le fondement de l'État sur la loi naturelle avait comme conséquence logique la démocratie et ses élections. Le choix du ou des gouvernants par le plus grand nombre n'était pas la règle: seule la question du fondement de l'autorité par Dieu importait.
C'est ce fondement de l'autorité qui fait qu'elle doit s'autolimiter, se conformer aux Droits de l'homme, et donc accepter la liberté religieuse, ce qui revient à renoncer à être sacralisée par une autorité religieuse. Les soubresauts de l'Histoire au xxe siècle ont eu comme corollaire une meilleure définition du fondement moral des Droits de l'homme, avec comme conséquences le suffrage universel et la démocratie. Mais il a fallu, dans l'Église, attendre le pape jean XXIII pour que la reconnaissance des Droits de l'homme soit explicitement formulée.
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Maintenant que la diversité culturelle s'est installée dans la société comme au bureau, le sujet religieux vient plus souvent dans la conversation. Attention à le manier avec précaution.


Attention, sujet tabou. Entre défense de la laïcité pour les uns, peur de se « faire étiqueter » pour les autres, les débats religieux entre non-croyants et pratiquants peuvent tourner au vinaigre. « On parle ici d'un sujet qui touche directement à la liberté personnelle, à l'engagement de chacun. Il est normal qu'il soit ultra-sensible », analyse Dounia Bouzar, cofondatrice de Dynamique Diversité, un cabinet en management de la diversité culturelle et religieuse. D'autant que la problématique prend de l'ampleur. « Les entreprises regroupent aujourd'hui une telle diversité des cultures et des croyances que le sujet devient incontournable », explique Patrick Banon, consultant en gestion de la diversité culturelle. Alors que les religions, et notamment l'islam, sont sous les feux médiatiques, la question ne peut pas être éludée.

Bannir préjugés et prosélytisme


Il y a une évidence qu'il est bon de rappeler: « Comme dans toute relation humaine, il faut faire preuve de respect envers son interlocuteur », précise Patrick Banon. L'exercice demande du tact, de la mesure et de l'écoute.
Les préjugés du type "les cathos sont tous des coincés", ou "l'islam est une religion macho et archaïque" n'amènent rien de constructif. Elisabeth Maisonnier, aujourd'hui cadre à la bibliothèque municipale de Versailles, se souvient d'un pot de mariage d'une collègue chrétienne dans une précédente expérience professionnelle: "Une enveloppe de participation était passée dans le service. A l'arrivée, elle était bourrée de préservatifs. A partir de là, c'est difficile de discuter..."
A l'inverse, le zèle missionnaire d'un pratiquant à l'égard de ses collègues athées est à prohiber. "Dès lors que la personne cherche à convaincre, la discussion est inutile. Car on est dans le rapport de forces, et non dans l'échange », explique Dounia Bouzar. Omar el-Mourabet, ingénieur chez Thales, confirme: « Je préfère parler de ma foi lorsque les gens me posent des questions. Je ne lance pas le sujet moi-même. »
Pour détendre l'atmosphère, mieux vaut privilégier l'humour. Ce qui suppose, pour le pratiquant, de ne pas être sur la défensive, d'être à l'aise dans ses convictions. Dominique Jardon, cadre commercial à la Société générale, est catholique, ordonné diacre en novembre dernier. Il a hérité auprès de ses collègues du surnom de père Blaise, personnage comique de la série télévisée Kaamelott. « Je l'accepte volontiers, quitte à mimer les attitudes de ce moine. Un peu d'humour ne fait pas de mal! »

Trouver le moment  idoine


Pots de départ, repas de fin de mission, déjeuners d'équipe... Autant d'événements décontractés qui peuvent permettre d'aborder de façon plus sereine le sujet. Stanislas Bourdeaut, ingénieur responsable de ligne produits à Alcatel-Lucent et catholique pratiquant, s'est décidé à parler de sa foi avec son supérieur hiérarchique à l'occasion d'un repas de fin de mission. "Nous étions au restaurant, c'était le soir, on avait le temps, l'ambiance était relâchée. Mon chef a commencé à deviser sur le sens de notre travail. Nous avons embrayé sur nos conceptions de la vie, sur la religion. C'était un réel moment de partage que nous n'avions encore jamais eu."
D'autres événements plus personnels peuvent servir de prétexte. Une naissance, un mariage, un décès, mais aussi une fête religieuse... Anouar Kbibech,  manager système d'information à SFR, a profité de l'Aïd el-Kébir (commémoration du sacrifice d'Abraham dans l'islam) pour discuter de sa pratique. "Ce rituel intriguait mes collègues, ils voulaient savoir comment cela se passait. J'ai pu leur expliquer en quoi cette fête consistait, cela s'est fait dans l'écoute."

Se confier au bon interlocuteur


Alain Setton, coach en ressources humaines, prévient: « La  religion est un sujet intime, où l'on se livre. Mieux vaut en parler avec des gens que l'on connaît un minimum. » Collègue devenu ami, client proche... Autant d'interlocuteurs de confiance qui éviteront de juger trop vite. Dans le cas inverse, un trop grand affichage peut nuire à l'intéressé et à sa carrière.
Stanislas Bourdeaut regrette d'avoir discuté de ses activités spirituelles (chorale chrétienne, organisation de pèlerinage...) lors d'un entretien d'embauche. "Je suis tombé sur un recruteur à qui cela n'a pas plu du tout. Avec le recul, je me dis que j'ai été un peu imprudent." Depuis, Stanislas a enlevé de son CV la ligne les mentionnant.
Mieux vaut privilégier le tête-à-tête. « L'inconvénient d'en parlerface à plusieurs personnes, c'est qu'il peut y avoir un effet de groupe. Les interlocuteurs sont moins libres, les railleries plus faciles », explique Dominique Jardon. Pour annoncer sa décision de devenir diacre, il est allé voir chacun des membres de son équipe, un par un. « On a pu prendre le temps de discuter, c'était plus serein », se souvient-il.
Parler de soi, pas de l'institution
La nuance est importante: « Le risque de conflit est plus fort lorsque le débat porte sur les institutions religieuses plutôt que sur le partage d'une expé-rience personnelle », note Patrick Banon. Position de l'Eglise sur l'avortement ou sur l'euthanasie, sourates du Coran sur la place des femmes... La référence à des dogmes ou à des prises de position officielles attise les passions. Dominique Jardon a ainsi vécu une discussion houleuse à la suite de l'arrivée de Benoît XVI à la tête de l'Église catholique. « Pour mon interlocuteur, l'élection était jouée d'avance, et Benoît XVI était de toute façon trop rigide. Je sentais que le débat tournait en rond, je n'ai pas persévéré. »
Même retenue pour Omar elMourabet : « Lorsqu'on parle de djihad ou de terrorisme, je préfère m'abstenir de parler de l'islam car il y a un risque d'amalgame trop fort », indique-t-il. A contrario, l'expérience personnelle est généralement mieux acceptée. «Je me souviens d'une discussion avec un collègue sur le mariage religieux. Lui ne comprenait pas que l'on puisse s'engager pour la vie avec la même personne. On a eu un échange très direct. C'était plus facile et moins périlleux que d'expliquer la position de l'Église sur le mariage », indique ainsi Stanislas Bourdeaut. Convaincu? Maxime Amiot
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Rachida Dati conseillée par l'abbé de La Morandais

Rachida Dati a fait appel à l'abbé Alain de La Morandais pour sa campagne dans le vile, à Paris. Aumônier du monde politique entre 1993 et 1996 et ancien recteur de la basilique Sainte-Clotilde, ce dernier a souhaité apporter son soutien â la ministre pour ouvrir l'esprit des habitants de l'arrondissement qui, selon lui, font preuve «d'islamophobie rampante» à son égard. C'est chez Le Divellec, le fameux restaurant de poisson des Invalides, qu'a eu lieu le premier rendez-vous de travail entre la ministre et l'abbé, récemment promu officier de la Légion d'honneur.
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Ce dimanche 2 mars, pour la messe de 11h30, nous accueillons notre voisine de Bercy Christine Lagarde, ministre de l'économie et des finances.

Après la messe une  rencontre débat aura lieu avec elle.

Christine Lagarde est la septième personalité qui sera accueillie ici après  Edouard Balladur, Alain Jupé,  Michel Charasse,  Christian Sautter, Xavier Emmanuelli et  Ségolène Royal.

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