Culture et patrimoine

Depuis qu'il a traduit les entretiens de Warhol, Alain Cueff est habité par son sujet.
Depuis qu'il a traduit les entretiens de Warhol, Alain Cueff est habité par son sujet. Crédits photo : Le Figaro

Le commissaire de l'exposition consacrée à Warhol au Grand Palais à partir du 18 mars évoque sa passion pour le maître américain.

Peu à peu une maladie a gagné Alain Cueff : la manie d'inscrire l'un dans la série, la rage de neutraliser l'unique en le replaçant dans sa matrice indifférenciée. Cet historien d'art a ainsi remarqué qu'il habitait dans ce quartier de Paris où les rues ont des noms de peintre : Rubens, ­Véronèse, Lebrun… La sienne donne sur la Manufacture des Gobelins, qu'il appelle la ­« Factory ». Travailler sur Warhol a ainsi quelque chose de contagieux. On voit des artistes et des œuvres partout, au point qu'ils n'en sont plus.

Depuis qu'il a réuni et traduit les interviews du maître (chez Grasset & Fasquelle), il s'est senti happé par cette machine à produire du standard jusqu'au délire. Une boîte de soupe Campbell, une bouteille de Coca-cola ? Alain Cueff ne serait-il finalement que cela ? Un parmi d'autres ? À moins que le fait de préparer l'exposition au Grand Palais consacrée à l'œuvre de portraitiste du plus glamour des génies new-yorkais lui procure ce fameux quart d'heure de gloire auquel chacun aurait droit, dixit ce cher Andy… L'appartement parisien d'Alain Cueff, professeur à Lille-III et à la Rijksakademie d'Amsterdam, est zen, proche du vide et intello. Ce quadra passe-partout, en jeans et chemise blanche, cheveux noirs lissés en arrière, évolue sur parquet clair, devant des étagères de livres soigneusement rangées.

De Marilyn à Lénine

Pour l'instant, une conversation au téléphone l'angoisse : un des prêteurs l'a laissé sans nouvelles, or sa toile est vitale pour compléter un thème. C'est toujours ainsi avec Warhol : une seule pièce manque et l'ensemble ne vaut rien.

Les cartes du pape du pop art sont connues. Marilyn, la Joconde, Elvis, Bardot, Jagger, Mao, Man Ray, Hockney, Beuys, Haring, Saint-Laurent, la princesse de Monaco, Lénine, Beethoven, Jésus, le roi dollar, les icônes, les tycoons et les anonymes. Un grand jeu de n'importe quoi généralisé qui formerait notre monde avec ses people jetables et ses produits prêts à consommer. Achalandés sur gondoles de grandes surfaces, triés par motifs, groupés par variations de couleurs et de formes jusqu'à l'overdose décrite jadis par Baudrillard.

Un joli geste situationniste

Et pour Alain Cueff une vie mode d'emploi à reconstituer. Tel est le présent, misérable car vain, postmoderne en somme, de cette cheville ouvrière d'une exposition forcément lacunaire. « À ses beaux jours, au tournant des années 1970, la Factory warholienne produisait à une cadence de cinquante à cent portraits annuels », rappelle-t-il. L'artiste y dilapidait sciemment son capital symbolique, sapant par la reproduction mécanique une gloire acquise auprès de mécènes vampirisés à la ­cadence du Velvet Underground, clone musical emmené par Lou Reed.

À l'heure du MP3, Alain Cueff entend faire retourner ce 33-tours fondateur, œuvre ­canular à la pochette peau de banane. À l'heure du numérique, il ressort des Polaroid touchants par leur bégaiement. ­Bribes et bourgeons d'un passé enfermé à Pittsburg dans des milliers de cartons scellés par un fou de l'archivage, enfant malade né en 1928 sous le nom d'Andrew Warhola, qui compensait le fait d'être alité par une passion naïve pour la photo.

Bien plus tard, quand Alain Cueff eut 14 ans, le Musée ­Galliera se para de 151 portraits warholiens, uniquement de Mao. Un joli geste situationniste, déjà très futile. Les Galeries nationales du Grand Palais, à peine remises de « Picasso et les maîtres », sauront-elles donner toute cette dimension au paradoxe ? Alain Cueff y travaille avec le même soin qu'une machine-outil assemble un modèle breveté sur une chaîne de production. La passion - ce sentiment honteusement humain que révèle finalement si bien l'œuvre de Warhol - en plus.

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Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

La première des Lettres de mon moulin aura donc lieu le samedi 18 avril prochain, c'est-à-dire dans quelques jours, à 21h au Théâtre de la Huchette, à Saint-Michel, Paris.

Ensuite, je jouerai ce spectacle tous les samedis soirs, jusqu'au départ pour le festival d'Avignon début juillet.

Je remercie tous ceux qui m'ont déjà annoncé leur venue, ça fait chaud au coeur. Apparemment vous êtes nombreux pour cette première, et je vous conseille donc de réserver directement auprès du théâtre (coordonnées sur le flyer joint) pour éviter les déconvenues.

Par ailleurs, pour ceux qui le souhaiteraient, nous nous retrouverons après le spectacle au Poco Loco, 35 rue Jacques Louvel Tessier (Paris 10ème, M° Goncourt ou Belleville) pour manger un morceau et/ou boire un coup. C'est très bon et peu cher !

Merci de bien vouloir me dire avant mercredi si vous souhaitez manger un morceau, pour prévenir le cuistot !

A très bientôt, merci à tous,

Aurélien Daudet
www.aureliendaudet.com
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Exposition Jean-Edern Hallier
"le peintre, l'écrivain, l'homme public"



du jeudi 5 au mercredi 25 mars 2009
à la mairie du 6eme, salon du Vieux-Colombier
18, rue Bonaparte, 75006 Paris

du lundi au vendredi de 11h30 à 17h,
Le jeudi jusqu'à 19h, et le samedi de 10h à 12h
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"Permis de croquer" à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris
jusqu'au 8 mars 2009 avec CARTOONING FOR PEACE.
"Permis de croquer", un tour du monde du dessin de presse présenté à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris du 6 décembre 2008 au 8 mars 2009. Salle d'exposition de la Bibliothèque de la Ville de Paris 22, rue du Malher 75004 Paris - Du mardi au dimanche de 11h à 19h, fermetures les 25 décembre 2008 et 1er janvier 2009.
Entrée : 4 euros / 2 euros (tarif réduit).    
Permis de croquer (6 liens):
http://www.tv5.org/TV5Site/publication/publi-164-TV5MONDE.htm
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Le Père de La Morandais assistera à l'inauguration de "L'aigle et la plume : le retour des manuscrits" le mardi 2 décembre 2008 à 18h30.

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